CYCLE / « LUTTES DÉCOLONIALES »

CYCLE / « LUTTES DÉCOLONIALES »

Voilà des années que le mouvement décolonial croît, se densifie, s’organise de plus en plus à l’échelle internationale, surgit régulièrement sur les places et dans les rues des métropoles occidentales, et impose ses grilles d’analyses et son champ lexical des universités aux plateaux télé.

Racisme structurel, occultation de l’histoire coloniale, occupation de la Palestine, islamophobie, violences policières et impérialisme sont quelques-uns des aspects de la colonialité, c’est-à-dire de l’entreprise coloniale tel qu’elle perdure aujourd’hui, contre lesquelles les luttes décoloniales s’organisent.

Les situations, les préoccupations, les stratégies diffèrent beaucoup d’une région du monde à l’autre, et d’un combat à l’autre. Pour autant les pensées des situations, en situation, s’inspirent mutuellement et construisent des filiations et références communes que nous voulons explorer.

Le contexte est à la crispation et la brutalité. Montée générale des extrêmes-droites. Normalisation des rafles, emprisonnements et assassinats policiers d’enfants, de femmes et d’hommes venus du sud ou d’orient sans papiers en règles. Harcèlement des musulmans. Radicalisation du racisme d’État. Procès contre des migrants et des personnes qui les hébergent ou leur témoignent une solidarité concrète. Etc. Ce constat se rappelle à nous chaque jour par de nouvelles lois, des meurtres, des opérations médiatiques et policières, des inculpations.

Le mouvement décolonial constitue aussi un lieu de remise en question de la Modernité et de ses fondements: le rationalisme, l’universalisme et la suprématie blanche, le règne de l’économie sur toute chose et toute vie, et la social-démocratie qui tend à absorber ce qui s’oppose, et à neutraliser ce qui tente de vivre autre chose que ce continuum de dépossession et d’absurdité qu’elle a réussi à imposer et faire incorporer à la plupart de ses sujets.

Au travers de ce cycle sur les luttes décoloniales et de ceux qui suivront, nous voulons lancer un processus d’apprentissage et de réflexion, ponctué de rencontres, de projections, d’arpentages de livres, d’ateliers, avec des moments de condensation comme les semaines thématiques du Steki. Ce premier cycle se conclura en février 2019 par l’invitation de chercheurs militants qui nous donneront un aperçu des spécificités de luttes décoloniales dans différentes régions du monde. Cela nous permettra dans un second temps d’aborder les questions des complicités, de la solidarité et des alliances, en comprenant un peu mieux de quoi il retourne.

 

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