SOIRÉE DE SOUTIEN/ La Bataille de la Plaine à Marseille

Quand :
5 décembre 2018 @ 19:00 – 23:45
2018-12-05T19:00:00+01:00
2018-12-05T23:45:00+01:00

Quelques marseillais proposeront une intervention sonore sur la bataille en cours du quartier de la Plaine. Puis ramenez vos playlist méditérannéennes, nous on préparera de quoi grignoter.

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« Depuis le 11 octobre, le quartier de la plaine à Marseille est engagé dans une séquence décisive de sa bataille pour un quartier vivant et populaire. Une bataille contre la soleam (société locale d’équipement et d’aménagement de l’aire métropolitaine) qui veut s’approprier la place. La plus grande place de la ville. Dans le projet de la soleam la place sera tissée de caméras de vidéosurveillance et de commerces pour une autre population que celle du quartier.

C’est que la soleam rêve d’une autre ville avec d’autres habitants. Déjà des immeubles ont été rachetés en vue de la nouvelle place. A Marseille, la soleam est la machine par laquelle se réalise la dépossession des vies et l’accumulation du capital. Elle est ce par quoi le capitalisme se relance. À Marseille un capitalisme du tourisme, un copié-collé de Barcelone.

La requalification de cette place s’inscrit dans la reconquête du centre ville voulue par la mairie à coup de millions d’euros et en coordination avec Euroméditerranée qui à déjà démontré sa capacité à s’approprier des quartiers entiers. Déjà la plaine a perdu son marché, le plus grand marché de la ville, qui faisait venir au quartier une population des quatre coins de la ville. Déjà la plaine a perdu des arbres. Certains abattus par erreur, tous abattus par bêtise. Pour être remplacés. De même que les gens. Abattus alors que sains ou malades. Mais là, existants. Existants avant le projet, n’entrant pas dans la dite requalification de la place. Existant bien plus que la maquette d’une place nouvelle et en cela certainement, intolérables pour les Jean-Louis (Knidel) et les Gérard (Chenoz). Intolérables pour tout ceux qui refusent de voir ce qui est, ne veulent voir que ce qu’ils planifient. Et broient et détruisent selon leur volonté.

Débordée par la résistance au chantier, la soléam aidée de CRS a construit un mur de béton de 2m50 de haut tout autour de la place. Le mur du mépris. Mais ce faisant, elle ne fait que démontrer sa défense des intérêts financiers de quelques-uns, elle rapproche la ville de Marseille des régimes autoritaires, et elle entraînera dans sa chute bien plus qu’elle-même. Car il faut le redire encore, ce chantier est impossible. Et ailleurs dans d’autres villes, d’autres soleam sont confrontées au même refus. Le refus du couple aménageur-promoteur qui privatise les villes, et chasse les plus pauvres. Le message adressé par la bataille de la plaine contre la soleam peut se dire ainsi : désormais chaque mètre carré sera défendu ici comme ailleurs.

L’enjeu de cette bataille est double : l’arrêt définitif des travaux voulus par la soleam et la mise en place d’un processus réellement collectif avec tou·te·s celles·eux qui vivent cette place, pour imaginer une autre rénovation.

Au jour le jour de la bataille, des lettres s’écrivent, à destination des Jean-Louis, des Gérard, des Jean-Claude, des Christophe – ceux qui s’entêtent à vouloir imposer par la force leurs dessins. Ces lettres, accompagnées de paroles récoltées, d’enregistrements des communiqués et de chants de la lutte, trament en creux un récit du mouvement. « 

 

Lien vers l’écoute des lettres en ligne

infos
site de l’assemblée de la plaine
https://laplaine.noblogs.org

page facebook de l’assemblée de la plaine
Assemblée de la Plaine
https://www.facebook.com/assembleedelaplaine/

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