RENCONTRE/ JINEOLOJÎ, la science des femmes

Quand :
22 juin 2018 @ 19:00 – 21:00
2018-06-22T19:00:00+02:00
2018-06-22T21:00:00+02:00

« Les oiseaux s’affolent, la tempête arrive »

 

C’est lors d’une formation à la jineoloji qui a eu lieu récemment à l’institut kurde de Bruxelles, que l’une de nous a rencontré Aysel du jineoloji center, invitée ici à présenter cette « science des femmes ». De notre côté, de nombreuses questions et réflexions ont émergé de cette rencontre. Nous les partagerons lors de l’introduction au moment de discussion qui suivra la présentation. La jinéoloji étant encore jeune et en constante recherche, construction et réajustement, c’est l’occasion de confronter nos cheminements respectifs.

 

La jinéoloji est une « science des femmes » élaborée au départ par des femmes kurdes et inspirée autant des écrits de Sakine Cansiz et Ocalan que de ceux de Barbara Pade, Starhawk ou Heide Göttner-Abendroth. Cette science sociale inclut la plupart des champs de recherche (sociologie, éducation, linguistique, philosophie, histoire, religion, médecine, écologie, économie…) en prenant en compte les savoirs situés et empiriques, basés sur l’expérience et l’intuition, liés à une éthique de vie, et les savoirs indigènes dont les connaissances ont été volées et amputées.

Elle rompt ainsi de fait avec les sciences positivistes et mécanistes à la Auguste Comte, « où seuls les faits expérimentés selon une méthodologie ultra-rationnaliste sont valables, produisant la vérité universelle de l’homme blanc et un rapport d’étrangeté entre le sujet et l’objet. Ces mêmes sciences hyper-fragmentées réduisant les champs de recherche et continuant à servir et légitimer l’entreprise capitaliste coloniale ».

La jinéoloji n’est pas du féminisme. Bien que se sentant proche du féminismo comunitario indigène d’Amérique latine, elle critique la plupart des féminismes contemporains, qui n’ont pas su rompre avec l’appareil d’État, qui sont le plus souvent euro-centrés, citadins, orientalistes, racistes, modernes et rationalistes, ou qui ne prennent pas assez en compte la transformation des hommes et de la « société ». Elle les considère trop isolés et séparés du reste du champ de lutte et de recherche, sans alternative réelle qui ne soit indexée à des revendications, et percevant pour la plupart la différence de genre comme problématique.

La jinéoloji vise à renverser les rapports de domination en se référant à ce qu’elle nomme les « sociétés naturelles » communales et matri-centrées du Néolithique. Les hommes sont inclus dans ce processus mais depuis une dynamique de femmes. Elle recherche l’autonomie dans le savoir et dans le fait de surmonter nos problèmes en créant des espaces et des assemblées de femmes, en récupérant des savoirs ancestraux et des rituels de connaissance spirituelle entre êtres vivants.

 

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