CYCLE/ Tour de chauffe DÉCOLONIAL

TOUR DE CHAUFFE DÉCOLONIAL

Voilà des années que le front décolonial, hantise des gouvernants et angle mort de la gauche (qu’elle soit molle ou radicale), croît, se densifie, s’organise de plus en plus à l’échelle internationale, surgit régulièrement sur les places et dans les rues des métropoles occidentales, et impose ses grilles d’analyses et son champ lexical des universités aux plateaux télé.

Anti-racisme politique, impérialisme, mémoire coloniale, Palestine, islamophobie et violences policières en sont les préoccupations les plus visibles en Europe. Ses ramifications mondiales et ses ressources théoriques nous entraînent dans des recoins et profondeurs dont il est difficile de sortir indemne, et dont nous avons grand besoin aujourd’hui.

Le contexte est à la crispation et la brutalité. Montée générale des extrêmes-droites. Normalisation des rafles, emprisonnements et assassinats policiers d’enfants, de femmes et d’hommes venus du sud ou d’orient sans papiers en règles. Harcèlement des musulmans. Radicalisation du racisme d’État. Procès aux personnes hébergeantes et solidaires. Etc.

Écœurés par ce constat qui se rappelle à nous chaque jour par de nouvelles lois, meurtres, opérations ou inculpations, nous proposons de faire ce pari: le front décolonial constitue probablement le talon d’Achille de la Modernité et de ses valeurs: le rationnalisme, l’universalisme et la suprématie blanche, le règne de l’économie sur toute chose et toute vie, et la social-démocratie qui absorbe et neutralise tout ce qui s’oppose, tout ce qui tente de vivre quelque-chose d’autre que ce continuum de dépossession et d’absurdité qu’elle a réussi à imposer et faire incorporer à la plupart de ses sujets.

Dès lors, la prochaine semaine thématique du Steki, qui aura probablement lieu en janvier, concernera le front décolonial. Nous tenterons d’avoir un aperçu de ses déclinaisons mondiales et des polarités qui le mettent en tension: Pensée de l’égalité et pensée de la différence s’expliciteront, s’affronteront et convergeront parfois, à travers des récits, des analyses et des ateliers destinés à mieux saisir l’ampleur et les conséquences de ce qui se joue là.

Afin de s’y préparer, nous lançons une sorte de cycle, un tour de chauffe décolonial. Ainsi, tout au long de l’automne, arpentages de livres, ateliers, rencontres, discussions, visites guidées et projections de films, proposées par des personnes plus ou moins familières ou impliquées sur ces questions-là, nous aiderons à préparer la semaine de janvier et affûter nos corps et nos esprits.

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